Curcuma
Curcuma longa (rhizome)
Le curcuma est le rhizome de Curcuma longa, séché et réduit en poudre : l'épice jaune du curry. Ses composés les plus étudiés sont les curcuminoïdes, dont la curcumine, qui n'en représentent qu'une petite part. Aucune allégation de santé n'est autorisée à ce jour pour le curcuma.
Qu'est-ce que le curcuma ?
Le curcuma (Curcuma longa) est une plante herbacée tropicale de la famille du gingembre. On en utilise le rhizome : une tige souterraine charnue, récoltée, bouillie, séchée puis moulue. La poudre obtenue est une épice, employée depuis des siècles en Inde et en Asie du Sud-Est.
Cette poudre n'est pas une molécule isolée mais une matrice complète : amidon, fibres, huiles essentielles, protéines, minéraux, et des pigments jaunes appelés curcuminoïdes. Le curcuma est aussi utilisé comme colorant alimentaire.
Curcuma ou curcumine : quelle différence ?
Les deux mots sont souvent employés l'un pour l'autre. Ils ne désignent pourtant pas la même chose, et la confusion a des conséquences pratiques.
- Le curcuma est la plante, et par extension le rhizome séché et moulu que l'on consomme comme épice. C'est un aliment.
- La curcumine est l'une des molécules qu'il contient : le principal des curcuminoïdes, et le composé responsable de la couleur jaune. Elle ne représente que quelques pour cent du rhizome sec.
Conséquence directe : une cuillère de curcuma en poudre n'apporte qu'une faible quantité de curcumine. Les compléments qui visent un apport précis n'utilisent donc pas de la poudre de rhizome, mais un extrait standardisé en curcuminoïdes, bien plus concentré.
Cette fiche porte sur la plante et son rhizome. Pour la molécule elle-même, ses formes optimisées et la question de sa biodisponibilité, consultez la fiche dédiée : Curcumine.
Ce qui peut être affirmé, et ce qui ne peut pas l'être
Aucune allégation de santé n'est autorisée à ce jour pour le curcuma au niveau européen. Les demandes portant sur les plantes et leurs préparations sont, depuis 2010, maintenues « en attente » (on hold) par la Commission européenne, sans évaluation finalisée. Aucun effet sur les articulations, la digestion, le foie ou l'inflammation ne peut donc lui être attribué.
Le curcuma et ses curcuminoïdes font l'objet d'une littérature scientifique abondante, ce qui explique l'écart entre la place qu'il occupe dans le discours public et son statut réglementaire. Un volume de publications n'est pas une preuve d'effet, et encore moins une autorisation.
Posologie : quand et comment le prendre
L'EFSA a fixé pour la curcumine, en tant qu'additif alimentaire (E100), une dose journalière admissible de 3 mg par kilogramme de poids corporel et par jour. Cette valeur concerne l'additif ; elle constitue un repère utile lorsqu'on passe de l'épice à des extraits fortement concentrés.
L'usage culinaire du curcuma et la prise d'un extrait concentré sont deux situations différentes. La seconde relève du complément alimentaire, avec les précautions qui vont avec.
Précautions et contre-indications
Aux quantités culinaires, le curcuma est bien toléré. Les précautions concernent surtout les extraits concentrés pris de façon prolongée.
L'ANSES a publié un avis relatif à des cas d'atteintes hépatiques rapportés après la consommation de compléments alimentaires à base de curcuma ou de curcumine, et a rappelé le risque d'interaction avec certains médicaments. Ces cas restent rares mais justifient une vigilance, en particulier avec les formes dites « à biodisponibilité augmentée ».
Demandez l'avis d'un professionnel de santé si vous êtes concerné par :
- des calculs biliaires ou une obstruction des voies biliaires : le curcuma est traditionnellement décrit comme cholagogue ;
- une affection ou une fragilité hépatique, ou un traitement susceptible d'affecter le foie ;
- un traitement anticoagulant ou antiagrégant ;
- tout traitement médicamenteux en cours, en raison d'interactions possibles ;
- une grossesse ou un allaitement : les extraits concentrés sont à éviter, l'usage culinaire n'étant pas concerné.
La pipérine, souvent ajoutée pour améliorer l'absorption des curcuminoïdes, modifie aussi le métabolisme de certains médicaments : sa présence n'est jamais anodine quand un traitement est en cours.
Comment bien le choisir
Deux produits très différents portent le même nom. Le premier repère est donc de savoir lequel on achète :
- poudre de rhizome : c'est une épice. On la choisit sur son origine, sa fraîcheur et sa couleur ;
- extrait standardisé : c'est un concentré. La teneur en curcuminoïdes doit être indiquée, ainsi que la quantité apportée par prise ;
- origine et traçabilité : des cas d'adultération de poudres de curcuma par des colorants ont été documentés à l'échelle internationale ; une origine identifiée et des analyses de lot sont un vrai critère ;
- composition complète : la présence de pipérine ou d'un support lipidique doit être visible sur l'étiquette, car elle change le comportement du produit.
Niveau de preuve
À l'étude. Le curcuma est très étudié, mais aucune allégation de santé ne lui est autorisée au niveau européen, les demandes relatives aux plantes étant en attente d'évaluation. Les travaux portent le plus souvent sur des extraits standardisés, et non sur l'épice, ce qui limite ce qu'on peut en déduire pour un usage culinaire.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le curcuma et la curcumine ?
Le curcuma est la plante et son rhizome séché, l'épice que l'on consomme. La curcumine est l'une des molécules qu'il contient, le principal curcuminoïde, qui ne représente que quelques pour cent du rhizome sec.
Le curcuma en poudre apporte-t-il autant de curcumine qu'un extrait ?
Non. La poudre de rhizome n'apporte qu'une faible quantité de curcuminoïdes. Les compléments visant un apport précis utilisent un extrait standardisé, beaucoup plus concentré.
Pourquoi associe-t-on le curcuma au poivre noir ?
La pipérine du poivre noir est employée pour améliorer l'absorption des curcuminoïdes. Elle modifie aussi le métabolisme de certains médicaments : un avis médical est nécessaire en cas de traitement.
Le curcuma a-t-il des effets santé reconnus ?
Aucune allégation de santé n'est autorisée à ce jour pour le curcuma au niveau européen. Les demandes concernant les plantes sont en attente d'évaluation par la Commission européenne.
Qui doit éviter les compléments à base de curcuma ?
Un avis professionnel est nécessaire en cas de calculs ou d'obstruction biliaires, de fragilité hépatique, de traitement anticoagulant ou de tout traitement en cours, ainsi que pendant la grossesse et l'allaitement. L'ANSES a signalé des cas d'atteintes hépatiques liés à ces compléments.
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Découvrir ma formuleCes informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.
Sources et références
Les informations de cette fiche s'appuient sur les référentiels publics et la littérature scientifique. Elles sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical.
- PubMed La littérature indexée sur Curcuma
- Registre EU des allégations de santé Ce qui peut légalement être affirmé, et ce qui ne peut pas l'être
- ANSES - compléments alimentaires Avis, repères de consommation et dispositif de nutrivigilance
Un effet indésirable après la prise d'un complément alimentaire se signale à l'ANSES via le dispositif de nutrivigilance, et se discute avec un professionnel de santé.