Probiotiques - Micro-organismes vivants (bactéries et levures)
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Probiotiques

Micro-organismes vivants (bactéries et levures)

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, bactéries ou levures, apportés en quantités définies. Leur particularité est que tout se joue au niveau de la souche : deux souches d'une même espèce n'ont pas les mêmes propriétés. Aucune allégation de santé n'est autorisée à ce jour pour un probiotique au niveau européen.

Définition FAO / OMS, 2001Unité UFCSpécificité propre à la soucheSur ce site 13 fiches de souches

Qu'est-ce qu'un probiotique ?

La définition de référence est celle établie par la FAO et l'OMS en 2001, reprise et confirmée par un consensus d'experts en 2014 : des micro-organismes vivants qui, lorsqu'ils sont administrés en quantités adéquates, confèrent un bénéfice pour la santé de l'hôte.

Cette définition est une définition scientifique, pas une autorisation réglementaire — la distinction est importante et nous y revenons plus bas.

Concrètement, un probiotique est vivant. C'est ce qui le différencie de la plupart des actifs de ce référentiel :

  • il se compte en UFC (unités formant colonies), et non en milligrammes ;
  • il est périssable : la chaleur, l'humidité et le temps réduisent le nombre de micro-organismes viables ;
  • il doit survivre au transit pour arriver vivant dans l'intestin, d'où les gélules gastro-résistantes et les procédés de protection.

Deux grandes familles sont utilisées : des bactéries — bifidobactéries, et bactéries lactiques historiquement regroupées sous le nom Lactobacillus — et des levures, dont Saccharomyces boulardii.

Tout se joue au niveau de la souche

C'est le point le plus souvent perdu de vue. Un probiotique s'identifie par trois niveaux, et non par un seul :

  • le genre : Lactobacillus, Bifidobacterium, Saccharomyces… ;
  • l'espèce : rhamnosus, longum, reuteri… ;
  • la souche : une désignation alphanumérique, souvent doublée d'un numéro de dépôt en collection, comme GG (ATCC 53103), HN019, DSM 17938 ou B420.

Les travaux scientifiques portent sur des souches précises. Ce qui a été observé avec une souche ne se transpose pas à une autre souche de la même espèce, et encore moins à l'ensemble du genre. Un produit qui n'indique que « lactobacilles » ou « ferments lactiques » ne permet donc de se rattacher à aucune donnée.

À noter : le genre Lactobacillus a été réorganisé en plusieurs genres distincts en 2020. C'est pourquoi une même souche peut apparaître sous deux noms — Lactobacillus rhamnosus GG et Lacticaseibacillus rhamnosus GG désignent la même bactérie.

Les souches détaillées sur ce site

Chaque souche fait l'objet d'une fiche distincte, avec sa nomenclature, ses dosages usuels et ses précautions propres :

Le référentiel complet des actifs est accessible depuis la page Ingrédients.

Ce qui peut être affirmé, et ce qui ne peut pas l'être

Aucune allégation de santé n'est autorisée à ce jour pour un probiotique au registre européen des allégations (règlement CE n° 1924/2006). Les dossiers déposés n'ont pas abouti. Aucun effet sur la digestion, l'immunité, le transit ou l'équilibre du microbiote ne peut donc être attribué à une souche, aussi documentée soit-elle.

Le mot « probiotique » lui-même a longtemps été considéré par la Commission européenne comme une allégation de santé implicite, et à ce titre interdit sur les étiquettes. En France, la DGCCRF admet aujourd'hui son emploi pour désigner la catégorie d'ingrédient — ce qui ne permet toujours d'attribuer aucun effet au produit.

Une seule allégation autorisée existe dans ce champ, et elle ne porte pas sur un complément : elle concerne les cultures vivantes du yaourt et l'amélioration de la digestion du lactose du produit lui-même chez les personnes qui digèrent mal le lactose. Elle ne se transpose à aucune autre souche ni à aucun autre produit.

Dosage, forme et conservation

Unité de mesureL'UFC, unité formant colonie : le nombre de micro-organismes viables
Quantité par priseVariable selon la souche et le produit : suivez la posologie de l'étiquette
Garantie de viabilitéPrivilégier un nombre d'UFC garanti jusqu'à la date de péremption, et non « au moment de la fabrication »
ConservationÀ l'abri de la chaleur, de la lumière et de l'humidité ; certaines souches demandent le réfrigérateur
AntibiotiquesUn intervalle entre les prises est souvent conseillé ; à valider avec un professionnel de santé

Il n'existe pas de « bon nombre » d'UFC universel : la quantité pertinente est celle qui a été étudiée pour la souche concernée. Un chiffre élevé affiché en gros sur un emballage ne vaut pas, à lui seul, argument de qualité.

Le moment de la prise, à jeun ou au repas, varie selon les recommandations des fabricants et ne fait pas l'objet d'un consensus. La régularité prime.

Précautions et contre-indications

Chez la personne en bonne santé, les probiotiques sont généralement bien tolérés ; des ballonnements ou des gaz transitoires sont fréquents les premiers jours.

Le point de vigilance réel concerne les terrains fragilisés. De rares cas d'infections systémiques — bactériémies, et fongémies avec les levures — ont été rapportés chez des patients gravement malades ou porteurs d'un cathéter veineux central. Ces situations relèvent d'une décision médicale, pas d'une automédication.

Un avis médical est indispensable dans les situations suivantes :

  • immunodépression, quelle qu'en soit la cause, ou traitement immunosuppresseur ;
  • patient hospitalisé en état critique, ou porteur d'un cathéter veineux central ;
  • nouveau-né prématuré ou nourrisson de faible poids ;
  • pancréatite aiguë sévère, syndrome de l'intestin court ou atteinte sévère de la barrière intestinale ;
  • grossesse et allaitement : les données varient d'une souche à l'autre ;
  • traitement en cours, notamment antibiotique ou antifongique.

Enfin, la composition complète compte : certains produits contiennent des allergènes (lait, soja) ou des prébiotiques ajoutés susceptibles d'être mal tolérés en cas d'intestin sensible.

Probiotiques, prébiotiques, postbiotiques

Trois mots proches, trois réalités différentes :

  • Probiotique : un micro-organisme vivant apporté par le produit ;
  • Prébiotique : un substrat non digestible utilisé par les micro-organismes du côlon. Ce ne sont pas des organismes vivants mais des fibres — voir Inuline, Fructo-oligosaccharides (FOS) ou Galacto-oligosaccharides (GOS) ;
  • Postbiotique : une préparation de micro-organismes inactivés, ou de leurs composants — voir Prausni® ;
  • Symbiotique : l'association d'un probiotique et d'un prébiotique dans un même produit.

Comme pour les probiotiques, aucune allégation de santé n'est autorisée à ce jour pour les prébiotiques ni pour les postbiotiques au niveau européen.

Niveau de preuve

Variable, et toujours au niveau de la souche. Certaines souches comptent de nombreux essais cliniques, d'autres presque aucun ; parler du « niveau de preuve des probiotiques » en général n'a pas de sens. Aucune de ces données n'a conduit à une allégation autorisée au niveau européen. Les fiches de souches de ce référentiel précisent, cas par cas, ce qui est documenté et ce qui ne l'est pas.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un probiotique et un prébiotique ?

Un probiotique est un micro-organisme vivant apporté par le produit. Un prébiotique est un substrat non digestible, une fibre, utilisée par les micro-organismes du côlon. Le premier est vivant, le second ne l'est pas.

Qu'est-ce qu'une UFC ?

L'unité formant colonie mesure le nombre de micro-organismes viables présents dans une dose. C'est l'unité de comptage des probiotiques, à la place des milligrammes.

Pourquoi le nom de la souche est-il si important ?

Parce que les études portent sur des souches précises, identifiées par un code comme GG, HN019 ou DSM 17938. Ce qui a été observé avec une souche ne se transpose pas à une autre souche de la même espèce.

Peut-on attribuer un effet santé à un probiotique ?

Non. Aucune allégation de santé n'est autorisée à ce jour pour un probiotique au niveau européen. La seule allégation existante dans ce champ concerne les cultures vivantes du yaourt et la digestion du lactose du produit.

Faut-il prendre les probiotiques à jeun ou au cours d'un repas ?

Il n'existe pas de consensus : les recommandations varient d'un produit à l'autre. Suivez l'indication de l'étiquette et privilégiez la régularité.

Qui doit éviter les probiotiques ?

Un avis médical est indispensable en cas d'immunodépression, d'hospitalisation en état critique, de cathéter veineux central, de prématurité, d'atteinte sévère de la barrière intestinale, ainsi que pendant la grossesse et l'allaitement.

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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.

Objectifs concernés par cet actif

Actifs souvent associés

Sources et références

Les informations de cette fiche s'appuient sur les référentiels publics et la littérature scientifique. Elles sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical.

Un effet indésirable après la prise d'un complément alimentaire se signale à l'ANSES via le dispositif de nutrivigilance, et se discute avec un professionnel de santé.